En juillet, après la récolte du miel, la saison apicole entre dans une phase charnière. Les grandes floraisons printanières sont passées, et dans de nombreuses régions, les ressources mellifères deviennent rares. C’est à ce moment-là que le nourrissement post-récolte prend tout son sens : il permet à la colonie de maintenir son activité, de se préparer à l’élevage des futures abeilles d’hiver… et surtout d’éviter un effondrement silencieux.
1) Pourquoi nourrir après la récolte ?
Même si vous laissez des hausses partiellement pleines, la colonie peut rapidement manquer de ressources :
Les butineuses ont moins de fleurs disponibles.
La ponte continue, et les jeunes abeilles ont besoin de miel et de pollen pour se développer.
La colonie élève les abeilles d’hiver, qui doivent naître robustes et bien nourries.
Un manque de nourriture en été peut affaiblir la colonie avant même l’automne.
2) Quel nourrissement choisir ?
1. Sirop léger (50/50)
Stimule légèrement la ponte de la reine.
À utiliser si vous souhaitez encourager une dynamique de renouvellement (dans les ruches un peu faibles par exemple).
Attention : ce nourrissement peut parfois relancer une activité de construction de cire inutile en été.
2. Sirop lourd (70/30 ou prêt à l’emploi)
Idéal pour reconstituer rapidement des réserves.
Plus concentré, il est stocké plus facilement par les abeilles.
À privilégier si la colonie est faible en réserves ou si une sécheresse limite les apports naturels.
3. Compléments protéinés (pollen ou pâte protéinée)
Intéressant si le pollen manque localement.
Aide à soutenir le couvain et à élever des abeilles en bonne santé.
Utilisez un nourrisseur couvre-cadres ou nourrisseur cadre selon votre configuration.
3) Quand et comment nourrir ?
Juste après la dernière récolte, pour éviter que les colonies ne s’épuisent.
Par temps calme, le soir de préférence, pour éviter les risques de pillage.
En petites quantités réparties, si vous observez beaucoup d’activité de vol sur les ruches voisines.
Pensez à marquer les ruches nourries pour assurer un suivi précis.
4) Les erreurs à éviter
Nourrir trop tôt, pendant les dernières miellées estivales (risque de mélange avec le miel récolté).
Laisser du sirop trop longtemps à l’air libre : cela attire les guêpes, provoque du pillage et peut fermenter.
Négliger le contrôle des réserves : une colonie peut sembler active mais manquer de miel pour finir l’été.
En assurant un bon nourrissement post-récolte, vous garantissez la santé de vos colonies, le bon développement des abeilles d’hiver et une meilleure préparation pour l’hivernage. Ce geste simple, bien dosé, est l’une des clés de réussite pour la saison suivante.
Vous avez un doute sur la quantité à donner ou le type de sirop à utiliser ? Venez en parler avec nous en magasin – notre équipe vous conseillera selon vos besoins et votre région.